Kessel

De la musique de cow-boy et d'indiens

Un peu de littérature avec Éric Vuillard et de bandes originales de jeux et de films pour se rafraichir.

Track Up
2 min ⋅ 26/06/2026

Salut Emma,

Pour cette quinzaine, j’ai envie de te parler du livre que je viens de finir : Tristesse de la terre d’Éric Vuillard.

Dans ce bouquin, Vuillard explore le mythe du Far West à travers la figure bien réelle de Buffalo Bill. Celui qui n’était qu’un chasseur de bisons fin XIXème-début XXème est devenu une des figures des récits de western alors qu’il a surtout passé la majeure partie de sa vie à mettre en scène l’histoire américaine.

Je connais assez mal la période. Tout au plus ai-je lu l’excellent mais terrifiant Meridien de sang de Cormac McCarthy. Et pour Buffalo Bill, mes connaissances se limite à ce qu’on peut en lire dans Lucky Luke. C’est dire !

Au-delà de nous présenter l’homme, Eric Vuillard interroge l’art du storytelling. Il creuse l’histoire américaine qu’a (co)écrite Buffalo Bill, souvent aux dépends de la vérité et surtout des natifs amérindiens, savamment massacrés puis exploités dans le cadre de Buffalo Bill’s Wild West Show. Une histoire bien amère au moment de faire les comptes.

Bref je recommande vraiment la lecture de Tristesse de la terre. En refermant ce livre, j’ai eu une furieuse envie de me replonger dans Red Dead Redemption 2, le jeu de cow-boy qui a bercé mon confinement. À l’inverse de ce que je disais dans ma dernière lettre, c’est une des rares BO que j’écoute avec plaisir en dehors de mes parties !

Si on aime le gospel, le bluegrass, le desert rock... on mange bien avec RDR2. La musique a le bon goût de sortir des sentiers battus par Morricone et creuse son sillon. Blockbuster oblige, le casting est assez fou et parfois pointu. On y retrouve par exemple Colin Stetson, D’Angelo, Willie Nelson, Josh Homme des Queens of the Stone Age. Mais au-delà du casting, j’ai cru comprendre qu’il y avait un vrai travail au niveau de l’orchestration en essayant de retrouver des instruments d’époque.

À ma connaissance toute la musique n’est pas sortie sur disque (il y en aurait pour 60h et on en entendrait qu’un tiers sur une partie normale d’après le directeur de la musique de Rockstar). Mais elle a tellement fonctionné qu’il ont même sortie un EP supplémentaire histoire d’avoir un peut de rab’. À la composition/production on retrouve Woody Jackson pour les parties instrumentales et ambiantes. Pour les morceaux plus classiques avec des voix par exemple, j’ai eu l’excellente surprise de trouver un nom que je connais, là encore pour de l’ambient music mais pas que : Daniel Lanois.

Si jamais tu ne connais pas Daniel Lanois, sache qu’on le retrouve à la production de disques de Bob Dylan, U2, Brian Eno ou Neil Young. Et si tu regardes les albums par rapport aux carrière des artistes en question, il a plutôt bien bossé ! C’est typiquement le genre de producteur dont le travail en solo est tout aussi intéressant que ce qu’il fait pour d’autres.

Alors que je passe relis ce mail avant l’envoie, je me suis aperçu que Lanois vient de sortir Belladonna Nocturne, la suite de l’album que je cite plus haut. J’ai jeté une oreille, c’est tout aussi recommandable que le premier.

À très vite.

Hadrien


PS : En rédigeant ce mail, je me suis souvenu d’un autre western à la BO atypique elle aussi : celle du film Dead Man réalisé Jim Jarmush, composée par Neil Young. C’est... Particulier mais si on aime les guitares dissonantes, ça s’écoute très bien.

Photo de couverture : Portrait de Zitkala Sa, 1898 Gertrude Käsebier , Domaine public,

Track Up

Par Emma et Hadrien

Derrière Track Up vous pouvez retrouver Hadrien qui aime faire des podcast sur son temps libre, pour parler jeu dans Ludologie, musique dans Piste suivante, ou encore politique dans Restons Polis et Emma graphiste passionnée de musique et co fondatrice du label Cheval Blanc Records.