Ode aux mémoires perfectibles et quelques guitares

Après une petite absence pour cause de vacances, petite réflexion sur la collectionnite et les imperfections.

Track Up
3 min ⋅ 01/05/2026

Coucou Emma,

Désolé pour ma petite absence pour cause de vacances.

Merci  pour ces découvertes !

Je ne connaissais pas Antoine Boyer et c’est un vrai coup de coeur. Merci beaucoup !

Allez je renchéri avec Thomas Naim qui sortait l’année dernière Naïm May This Be Love, un album de reprise d’Hendrix. C’est un petit plaisir, surtout si comme moi tu n’aimes pas les arrangements et la production des morceaux originaux ! 😅

Je partage pas mal de choses avec ce que tu disais dans ta dernière lettre. La question au fond “doit-on se souvenir de tous et de tout le monde ?”. C’est toute la question qui obsède les archivistes ou les bibliothécaires. N’étant pas de ces milieux, je ne me risquerai pas à essayer de synthétiser leurs réponses. Le peu que j’en ai compris est qu’au fond, on ne peut pas matériellement tout garder. Même avec le numérique l’aspet matériel demeure. On le voit bien avec touuuuuut les problèmes matériels que pose le développement des IA en plus du pillage des créations humaines et de l’effondrement des revenus par écoutes.

Fun fact : en écrivant cette newsletter, j’écoute de la musique bien évidemment. Et en voulant ajouter un album à mes favoris sur Deezer, je découvre... Qu’il y a une limite. Manifestement, on ne peut pas avoir plus de 4000 albums favoris. Voilà qui laisse songeur autant sur mes goûts que sur les plateformes d’écoute.

L’album en question qui sent bon les plages de Rio et les années 60 !

Collectionneur fou, moi ?

Le travail d’Eilon Paz que tu cites est justement fascinant à ce sujet. Sur son site et dans le livre Dust & Grooves, on peut non seulement voir les collections impressionantes de passionnés mais on peut aussi lire ce qu’ils en disent. On lit des collections très vivantes avec des disques qui ne prennent pas vraiment la poussière. Des albums qui rentrent et qui sortent des collections. Les personnes interviewées racontent autant leurs acquisitions de disques oubliés de tous que leur pertes. Les raisons peuvent être variables.

L’incendie et l’humidité semble être particulièrement redoutés des collectionneurs et on les comprends. Mais je retiens particulièrement ce collectionneur qui explique que sa collection à particulièrement fondus après deux divorces. Comme disait l’autre, les emmerdes volent en escadrilles !

Keb Darge - Photo : Eilon PazKeb Darge - Photo : Eilon Paz

Tout comme les collectionneurs d’Eilon Paz, on retrouve ce chemin sinueux dans “L’art de ranger ses disques” de Frédéric Béghin et Philippe Blanchet. C’est un livre drôle et bref où on observe les hauts et les bas de petits collectionneurs et d’accumulateurs franchement flippants.

Ce que j’en retiens est que personne n’est d’accord sur comment ranger ses disques. Pire : comment se souvenir où on les a mis ? On peut sortir un bon vieux tableau Excel, mais avouons que cela perd de son charme. Voilà donc ma conclusion :

Aucun système n’est parfait. Le tout est de savoir pourquoi c’est imparfait et de sublimer cette imperfection jusqu’à ce qu’elle soit volontaire.

Voilà que me fait penser au travail du guitariste Bill Orcutt qui joue autant sur les disconnances, les fausses notes et autres petits accrocs. À tel point qu’on ne sait dire ce qui relève de la composition, de l’improvisation ou de l’erreur finement calculée.

Je mets ici un extrait du disque Odds against Tomorrow mais ce n’est qu’un aperçu de son talent. Dans le même genre, je ne peux que recommander l’écoute de son passage au Tiny desk ou How to Rescue Things avec de beaux arrangements plus orchestraux. Et si tu n’es pas convaincue ou que tu préféres quelque choses de plus doux, alors passes une oreille sur Jump On It aux accents plus accoustiques.

Hadrien

Track Up

Par Emma et Hadrien

Derrière Track Up vous pouvez retrouver Hadrien qui aime faire des podcast sur son temps libre, pour parler jeu dans Ludologie, musique dans Piste suivante, ou encore politique dans Restons Polis et Emma graphiste passionnée de musique et co fondatrice du label Cheval Blanc Records.